Alors on pouvait se moquer de ce monde qui ne connaissait plus la nature ; houspiller cette grande boule de métal ; regretter qu'elle ne soit l'objet que d'un soleil blanc ; enragé de voir la pollution et la corruption prendre un peu plus le pas sur ce qui restait, Coruscant était le berceau de la Force et de l'ordre jedi. C'était sa maison, sa famille.
Quittant la protubérante et incessante vie qui ignoraient, sciemment, les heures du jours et de la nuit, le jeune homme se jeta sur son lit et prit le petit lecteur de donnée pour relire une énième fois le message de l'holocron sortit d'où on ne sait où.
- " Dans le berceau de notre mère ; au sein du temple", répéta t-il a plusieurs reprise comme une longue litanie.
Obi-Wan restait persuadé, aux files des minutes, que la solution était à porté de main. Et qu'il suffisait d'un instant, un bref instant d'illumination pour rompre l'obscurité des mots. En retour de ses efforts, il se laissa corrompre par le sommeil et s'endormit serrant contre lui le lecteur de donnée, persuadait qu'il devenait aussi obsédé que son maître.
__________
Qui Gon Jinn observa la messagère enfermé dans l'holocron dodécaèdre. D'une des 12 facettes, sa silhouette émergeait, de la taille d'une main, et pourvoyait son testament, qui avait traversé les siècles. C'était une bien belle créature ne put t-il s'empêcher de constater. Du peuple des Zabraks, ses cheveux sombre, allait avec le teint laiteux de sa peau et les traits fins et graves à la fois de son visage. Ses yeux animal lançaient des éclaires. Mais avec la retransmission plus ou moins difficile, il ne pouvait juger si il s'agissait de colère, de tristesse ou de bien autre chose encore. Il détailla, également, ses vêtements. Une longue robe de voile noir certainement, qui découvrait ses épaules ; ses bras fort et offrait une échancrure des plus attrayante. Ce n'était pas là une tenue de jedi comme l'on n'en portait aujourd'hui et pour avoir déjà vu des vêtements de jadis, ce n'était pas non plus une tenue en rapport avec l'ordre. La jedi était habillée comme une femme qui cherchait à se fondre dans la masse. La coupe, assez osé, avait d'ailleurs quelque chose de familier. Et en l'observant plus en détaille Qui Gon Jinn s'imagina les secrets ; les moments heureux ou malheureux qu'avait connu cette femme. Et ce qui avait bien put la conduire à trouver refuge sur ce mystérieux monde dont il ne connaissait rien et dont elle disait être sa planète d'exil.
L'hologramme disparu et Qui Gon Jinn prit entre ses mains l'holocron. Il le détailla encore une fois, suivant les chemins tracés par des faisceaux d'énergie de couleur vert. Ses yeux s'appesantirent sur cette marque que ses recherches n'avaient pas éclairés : Deux anneaux entrelacés et dont le milieu était barré d'une ligne invisible. Symbole inconnu parmi les archives du temple, pourtant riche. Il en suivit les contours du bout de ses doigts et se répéta la phrase une dernière fois : " Dans le berceau de notre mère ; au sein du temple".
Qui Gon Jinn posa l'holocron sur la table et s'allongea sur son lit. Il plongea dans ses pensées en se laissant bercer par les lumières de Coruscant, qui dansaient sur le plafond, calmant son esprit de toute question. Fermant les yeux, il s'imagina trouver le précieux objet et le ramener au temple et ensuite ... et ensuite ? Il l'ignorait. Tout comme il ignorait à quoi pouvait ressembler cet objet qui le hantait un peu plus chaque jour. Il respira profondément et retrouva le rythme d'une marée apaisé de toute tempête.
Les heures passèrent et le si serein Qui Gon Jinn était maintenant pénétré d'un rêve qui le tourmentait. Perdu dans un long couloir il poursuivait une jeune fille au long cheveux blond. il l'exhortait à l'attendre sans prononcé son nom comme si il était inutile, car trop encré dans sa mémoire. Elle disparue dans un couloir et le laissa seul. Abandonné dans un lieu inconnu, Qui Gon observa les haut reliefs qui tapissaient des murs de pierre rouge. Des visages y étaient sculptés, des hommes, des femmes de races différentes. Des mondes, des scènes d'un autre temps .. d'une vie. Au milieux de se foisonnement, il se reconnu et s'observa. Il était debout, fier, sa main sur l'épaule d'un petit garçon. Ce n'était pas Obi-Wan, trop jeune sur cette représentation, alors que lui semblait plus âgé au vus de ses cheveux, ici plus long. C'était lui dans un avenir proche. Sous les pieds du garçon, un tourbillon donnant sur des êtres pleurants et hurlants.
- Mon monde cache bien des choses, maître Qui Gon.
Qui Gon Jinn se retourna et sourit en reconnaissant un visage amical. Celui d'un sage sur un monde perdu. Un ami.
- Votre monde est magnifique. Aussi rude que beau SAlidor, fit Qui Gon Jinn en montrant d'une main le désert Blanc et les montagnes Grises qui dardaient le ciel, au loin.
- Oui, fit l'homme. "C'est notre mère à tous dans cet univers", disaient les anciens.
Qui Gon Jinn se releva, haletant, sur sa couche et retrouva les contours de sa chambre plongé dans la pénombre. Il se leva précipitamment et compris qu'il venait de revivre, en rêve, un des moments de sa vie.
- C'était si simple, souffla t-il en allumant la lumière de sa cellule.
Vivement, il appela l'holocron à retrouver la chaleur de sa main et passa la porte qui s'ouvrit dans un chuintement presque douloureux pour un homme qui venait de sortir de son sommeil.
Qui Gon Jinn traversa a vive allure les couloirs du temple endormit et descendit de quelque étage pour se trouver dans les quartiers des padawans. Sans se faire annoncer, il entra en trompe dans la chambre de son apprenti et courut le réveiller.
- Obi-Wan ! Obi-Wan !
- Quoi ... le jeune homme cligna des yeux et se redressa. Maître Qui Gon ? Mais... Obi-Wan consulta l'heure qu'affichait l'horloge holographique et ouvrit de grands yeux, bien réveillés cette fois.
- Oh maître ! Avez-vous l'heure ?
- Je sais, pardon Obi-Wan, mais ... j'ai trouvé.
- Le temple ?
- Oui, fit Qui Gon, le visage encore plus rayonnant qu'un soleil.
Obi-Wan s'assit sur le rebord de son lit d'un mouvement de hanche et fixa son mentor, ses propres yeux illuminés par la curiosité.
- Eh bien ? Qu'attendez vous maître !
- Il est dit dans le message " Préma tiu Ksainainn"
- Euh oui " au sein du temple", mais ...
- Obi-Wan voyons, remplace le son "ai" par le "a".
Devant un nouvel exercice, malgré l'heure tardive, Obi-Wan soupira et s'exécuta.
- Ksanann.
Soudain, Obi-Wan compris et se leva si vivement qu'il manqua de percuter son maître qui était resté debout au pied de son lit.
- Non d'un pulsar, maître ! Ksa'Ann ! La planète Ksa'Ann veut dire sanctuaire. Sanctuaire c'est comme temple, et je n'oublierais jamais avec qu'elle intensité j'ai ressentit la Force la première fois que nous avons posé nos pieds sur le sol de cette planète. Comme si la Force naissait sur ce monde ; "le berceau de la mère". La mère c'est la Force ! Celle qui nous nourrit ! Et les Ksa Annan parle un dialecte dérivé de l'ancien jedi et ...
Qui Gon Jinn rit, en voyant l'enthousiasme de son apprenti, interrompant le flot de parole qui les faisaient tous les deux remonter deux ans en arrière.
- Oui Obi-Wan. Calme toi, finit-il par dire en posant la main sur l'épaule du jeune homme.
Obi-Wan passa sa main sur son visage qui se rembrunit.
- Les clés se trouvent donc là-bas.
- Oui.
- Viendrais-je avec vous ?
Qui Gon Jinn fut surprit de cette question, mais en comprit le sens. Ils avaient laissés tout les deux de bons amis sur Ksa Ann, ainsi qu'un peuple qui réapprenait à vivre librement. Mais Obi-Wan y avait également abandonné une partie de son coeur, de cela Qui Gon Jinn n'en doutait pas. Son padawan se montrait honnête et le maître se posa alors lui même cette question. Mais finalement, là ou il allez, son apprenti l'avait toujours suivit.
- Tu viendras, bien évidemment.
Obi-Wan se permit un faible sourire et observa son maître prendre la direction de la porte de sa chambre.
- Dès demain j'irais parler au conseil de notre découverte et obtenir le droit de partir pour cette ... quête.
- Vous pensez que le conseil acceptera, maître Qui Gon ?
- Je l'ignore Obi-Wan. Mais après tous, nous pouvons dire que l'univers est calme ces temps ci.
Obi-Wan s'esclaffa.
- Pour combien de temps encore ?
- L'avenir nous le dira Obi-Wan, la porte de la chambre s'ouvrit, dessinant un carrée de lumière dans la cellule relativement cossu du jeune apprenti.
- Maître ?
Qui Gon Jinn tourna la tête et regarda son padawan.
- Oui, Obi-Wan ?
- La prochaine fois qu'un éclair de génie vous pourfends, en pleine nuit. Et si la nécessité ne s'en fait pas ressentir, .... Vous pourriez attendre le matin pour me le dire ? fit-t-il d'un ton badin.
Qui Gon Jinn baissa la tête en riant et acquiesça.
- Je te le promet Obi-Wan.